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dimanche 6 avril 2008

Aliénation progressive...

Merzbow : Strange Strings

*

Une usine à caresser les pianos de l’intérieur

Comme quand tu passes tes doigts dans mon cerveau

Je sens qu’il y a des possibilités de décapitation

Avec des morceaux de tôle ébréchés

Ta tête tombera

Ta tête tombera

Et on t’enterrera dans un piano

De l’usine

Le plus jouissif des jouissants

Sous les voluptés expérimentales

*

Ton cadavre l’ultime artéfact

De la douceur humaine

Qui va se liquéfier entre les cordes

Dans un processus immuable

Innommable immondice

Décomposition du corps

Fusion dans l’instrument

Par ses chairs tendre

On pourra l’entendre

Sa composition

Et le cuivre rejoindra le cuivre

Et les os seront suspensions

Soupirs.

Mais la chair fera comme

Les œufs durs dans le truc à ta mère

Le gadget meurtrier

À fendre la chair tendre

Des œufs durs

Comme ta tête

Qui tombera

Qui tombera

*

Parce que l’usine à caresser les pianos

C’est pas pour les cons comme toi

Aux pattes lourdes

Aux yeux menteurs

Bouche crochie par l’effort

Du récital sentimental

De l’attouchement vaginal

Doux et sans grande intrusion

Petites caresses sans façon

Toi tu empoignes comme un rebord pratique

Les fentes élastiques

Comme les sacs en plastiques

déchirés qui émergent de la neige fondue

Pour voler jusqu’au branches des arbres

Ressucités royaux lambeaux enrubannés

Mais,

Tu m’as tue

Tu m’as tue

Je ne peux pas dire le drame

De toi qui as fouillé ma fente

Jusqu’à presqu’extraire

Mon cœur de mère

Mon cœur de mère.

Que tu croyais noir comme celui de la tienne -

Ta mère qui connait rien aux pianos,

C’est une imposture

Qui t’a monstrué

Monté la tête contre

Toutes les menstruées.

Ta mère, ta chair.

*

Garde la, ta tête,

L’usine se calme

Et on y emboîte des choses

Comme du thon

Tu as passé des gants de caoutchouc

Tout le monde est certain que tu travailles là

Reste coi

Reste coi

Restera quoi

De tes instants rouges

Ferme toutes les portes à clé

Racle ton poste de travail

Avec le grand scraper.

T’ont pas dit, non?

C’est une prison,

T’en a pour 100 000 ans

À vider du poisson.

Et à attendre la cloche

La sirène de ta délivrance

Et ce jour là

Il fera déjà noir

À quatre heures

Tu ne me verras

Nulle part

Nulle part

Nulle part.

7 commentaires:

Mighty Mélissa LeBlanc a dit…

J'essaye d'écouter beaucoup de Merzbow, je me dit ça doit être comme un traitement homéopathique pour le stress et on s'entend que dans le Merzbox il y a toutes sortes de trucs qui permettent de varier la cadence (Là on croirait presque du jazz mais un peu fucktop.)
Hier je me suis couchée sur le divan pour pouvoir en écouter pendant mon sommeil mais le matin je ne sais pas comment - le son de l'ordine était fermé et j'étais dans mon lit !?!?!

Lora Zepam a dit…

Haha, Meth, tu me fais rire... :)
Tu es vraiment très réactie au Merzbow, ça fait de toi un sujet fort intéressant pour cette expérience.
Ah non, je suis en train d'oublier mes rêves... je vais me rendormir tout de suite (avec UP Steel CUM, rempli de sifflements étranges)!
...

Mighty Mélissa LeBlanc a dit…

À la fin faudra faire notre top ten de Merzbow, en fait faudrait faire deux top ten : un pour les titres littérairement parlant (comme UP Steel CUM) et un autre pour les pièces qu'on trouve les meilleures, en tant que telles.

:-)

Lora Zepam a dit…

Oui!
Et un top pour les plus débilitantes?

Mighty Mélissa LeBlanc a dit…

Totalement!

Anonyme a dit…

C'est tellement beau. Bizarre.

Nouvelle supporter. Je peux?

Lora Zepam a dit…

Sure!
Une nouvelle supporter, ça va m'obliger à marathoner plus longtemps! :D